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2013-01-27 - The Supreme Court of Canada

Lola et sa colorée avocate, Anne-France Goldwater, ont amené la Cour suprême à rendre une décision riche en conséquences de toutes sortes, en ce qui a trait à l’identité québécoise et son rapport au Canada.

C’est une excellente nouvelle pour un chroniqueur. Après Lola 1 aujourd’hui, je vous écrirai peut-être Lola 2 et Lola 3… Le début d’un roman-feuilleton!

Cette décision est bonne pour les Québécois, toutes opinions confondues: notre société garde sa marge de manœuvre quant au cœur de ce qu’elle est, un sujet intimement lié à son Code civil, ses valeurs, son histoire.

Une voix de majorité

Cette histoire est marquée par une domination excessive du catholicisme jusqu’aux années 1960, où on a assisté, dans un revirement tout aussi excessif, au rejet des institutions liées à la religion comme le mariage: les Québécois détiennent le championnat mondial de l’union libre.

Nous l’avons échappé belle! La décision de la Cour suprême dans Lola s’est jouée à une voix de majorité: cinq contre quatre. Autrement dit, il aurait suffi que l’opinion d’un seul juge soit différente pour que des centaines de milliers de Québécois en union de fait se retrouvent mariés de force.

Malgré le désaccord du gouvernement québécois, le seul contrôlé par une majorité francophone au pays!

Cela aurait été incroyablement malsain, le fait d’une institution où les Québécois sont par définition en minorité. Mais surtout, une Cour suprême du Canada dans laquelle, selon certains francophones à Ottawa, il ne serait plus nécessaire que les juges soient bilingues.

L’affaire Lola montre pourtant le danger réel que quelqu’un incapable de lire ou de comprendre le français puisse décider de ce qui est au cœur de l’identité québécoise.

Les motifs varient pour renoncer au bilinguisme de la Cour suprême.

Certains sont d’une étonnante mauvaise foi, comme le ministre Christian Paradis pour qui exiger le bilinguisme empêcherait un unilingue francophone d’être nommé à la Cour suprême. Comme s’il y avait une chance sur un million qu’un unilingue francophone n’accède jamais à un tel poste!

Bilinguisme essentiel

L’accession à la Cour suprême n’est pas un droit pour les unilingues - anglophones comme francophones - mais un immense privilège, avec d’incontournables exigences linguistiques dans un pays bilingue. Martin Cauchon, lui, ne demanderait aux juges que d’apprendre le français APRÈS leur nomination. Comme si on pouvait destituer des gens d’âge mûr qui n’auraient pas suivi efficacement leurs cours de langue!

Indépendamment du principe que les titulaires des plus hautes charges canadiennes doivent être bilingues, la possibilité pour les francophones de plaider dans leur langue, à l’oral et à l’écrit, devant le plus haut tribunal du pays est vitale. Existe au surplus à la Cour Suprême le risque, clairement démontré par l’affaire Lola, que le destin du Québec soit décidé par quelqu’un qui ne comprend ni ne lit notre langue.

L’idée n’est pas d’exiger un bilinguisme parfait, mais la compréhension du français, oral comme écrit. Les juges qui n’ont pas cette capacité devraient avoir la décence de se retirer d’eux-mêmes des causes plaidées en français ou liées à la spécificité québécoise.

À moins qu’ils ne tiennent à jouer encore les «Colonials» à l’égard du Québec…

 


 

Faites vos testaments!

Les Québécois en union de fait ne seront pas mariés de force par la Cour Suprême. Mais, de grâce, baby-boomers arrivés à l'âge fatidique où on commence à lever les pattes, faites vos testaments! Si vous voulez que votre conjoint de toute une vie hérite de quelque chose...

- Journal de Québec, 2013-01-27 en page 15, Christian Dufour, chroniqueur

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